Les Amants - Les Amours de Jacques - Les Époux - Les Enfants - Romains Kalbris - Un Beau-frère

Mme Obernin - Une Bonne Affaire - Souvenirs d'un Blessé - Un Curé de Province - Un Miracle. 


1. LES AMANTS

[1er volume de la trilogie Les Victimes d’amour]

- Les Amants. Chez Michel Lévy frères, 1859.

 

La fable : Un jeune homme, Maurice Bertauld, faible de caractère, et parce qu'il est excessivement choyé par sa mère, tombe amoureux d'une dangereuse amante, Marguerite, pour laquelle il abandonne une carrière prometteuse de compositeur. Celle-ci l'entraîne vers des plaisirs troubles pour finalement le trahir en épousant à son insu, un homme riche. Martel, un peintre de ses amis, le sauve du suicide et l'emmène en Bretagne où Maurice fait la connaissance d'une jeune fille innocente et tendre, Armande, jadis exploitée par son père, qu'a recueillie le grand-père Michon dont elle éclaire les vieux jours. Le mariage de Maurice et Armande a lieu. Le soir des noces, Audren, un jeune homme secrètement amoureux d'Armande, se suicide.

L'argument : Une étude de caractère : la veulerie ; les parts qu'y prennent l'hérédité et l'éducation. La dénonciation des lois sur la famille : divorce, droits du mari, droits de paternité.

Le cadre géographique : Paris, la Bretagne, Londres.

 

GENÈSE DU ROMAN

LECTURE


3. LES ÉPOUX

[2e volume des Victimes d’amour]

- Les Époux, Le Constitutionnel, 1865.

- Idem. Chez Michel Lévy frères, 1865.

 

La fable : Maurice et Armande, mariés, s'installent à Paris. Mais l'idylle ne dure guère : Maurice succombe bientôt à ses goûts pour les femmes et l'alcool. Après des années de douleur, Armande fuit avec Victorine, sa fille, le domicile conjugal. Maurice disparaît en Italie. Martel, l'ami de toujours, secrètement amoureux d'Armande la retrouve et lui propose de partager sa vie.

Cadre géographique : Paris.

 

LECTURE

 


5. ROMAIN KALBRIS

Le Roman d’un enfant, Le Courrier français, 1867.

- Idem. A l’Imprimerie de Dubuisson, 1867.

- Aventures et Mésaventures de Romain Kalbris, feuilleton, Magasin d’éducation et de Récréation, 1869.

- Romain Kalbris. « Bibliothèque d’Éducation et de Récréation », PJ Hetzel, 1869.

 

En 2013, l'Assemblée Générale de l'Association des Amis d'Hector Malot s'est tenue à Granville.
Thème central : la mer et le roman "Romain Kalbris"

Interventions en ligne à la rubrique REVUE PERRINE 2013

La fable : Le père du jeune Romain disparaît en mer, au cours du sauvetage d'un navire en perdition. La mère, peu fortunée, confie Romain aux bons soins d'un oncle, avoué. Ce dernier exploite l'enfant, le faisant beaucoup travailler pour une bien chiche nourriture. Romain s'enfuit, désireux de gagner la côte pour s'embarquer comme mousse et peut-être faire fortune. En chemin, il rencontre Diélette, une fillette, enlevée par des saltimbanques qui utilisent ses talents dans un spectacle de dressage. Les deux enfants s'enfuient et gagnent Paris pour tenter de retrouver la mère de Diélette. La jeune fille, épuisée, tombe malade, elle est hospitalisée. Pendant ce temps Romain apprend la mort de la mère de Diélette. Il ramène alors son amie à sa propre mère et embarque, comme passager clandestin, sur un navire dont il espère devenir mousse. Une tempête met en perdition le bateau dont Romain parvient à ramener l'épave à la côte. Le jeune garçon est sauvé. On apprend que l'oncle maternel, qui a fait fortune en Inde, vient de mourir, laissant ses biens à son neveu. Romain épouse Diélette. Il peut maintenant subvenir aux besoins de sa mère.

L'argument : Par ce roman, H.Malot manifeste sa volonté de s'inscrire en faux contre la littérature qu'on destine alors aux enfants, celle de la librairie Mame en particulier. Il se propose de distraire les enfants. Romain Kalbris est un récit d'aventures. C'est aussi un livre consacré à la mère.

Dans Le Roman de mes Romans, H.Malot explicite ainsi son dessein :

"C'est miracle, que les livres qu'on me donnait dans mon enfance ne m'aient à jamais dégoûté de la lecture: édités par Mame, avec l'approbation de Mgr l'Archevêque de Tours, comme presque tous ceux qu'on publiait à cette époque "à l'usage de la jeunesse", ces livres qui respiraient le plus profond ennui ne m'ont appris qu'à bâiller, et je les regardais à peu près du même œil que le verre taillé dans lequel, trois fois par an, on me faisait avaler, mon père par force, ma mère par persuasion, la médecine noire qui elle aussi était de mode alors.

Heureusement dans un grenier, jetés en tas, se trouvaient dix ou douze vieux bouquins que leur misérable couverture usée avait fait reléguer là: le Roland Furieux de l'Arioste, le Gil Blas de Lesage; un Molière complet; un tome de Racine; et ceux-là, un jour que j'en avais ouvert un au hasard, m'ont empêché de croire que tous les livres étaient des médecines; combien d'heures ils m'ont fait passer sous l'ardoise surchauffée ou glacée, charmé, ravi, l'esprit éveillé, l'imagination allumée par une étincelle qui ne s'est pas éteinte.

Sans eux, aurais-je jamais fait des romans ? Je n'en sais rien. Mais ce que je sais bien, c'est qu'il m'ont donné l'envie d'en écrire pour ceux qui pouvaient souffrir, comme je l'avais souffert, moi-même le supplice des livres ennuyeux.

Dans Romain Kalbris, en souvenir d'un passé qui m'a laissé des rancunes vivaces, j'ai cherché à amuser ceux qu'on ennuyait, j'ai voulu leur donner le goût de la lecture et aiguiser leur curiosité au lieu de l'émousser ; j'ai voulu aussi provoquer leur intérêt, émouvoir leur cœur les attirer, les retenir, les amener à demander aux livres leurs joies ou leurs consolations.

Dans le nombre de mes romans, quatre ont été inspirés par cette idée : le premier est Romain Kalbris, le second Sans Famille, le troisième La Petite Soeur, le quatrième En Famille.

Ai-je réussi ? Il ne m'appartient pas de le dire. Ce sont les lecteurs de Romain Kalbris ; ceux de Sans Famille, d'En Famille, de La Petite Soeur qui ont bien voulu faire cette réponse.

Mais en même temps, j'ai voulu mettre en scène une idée sous l'obsession de laquelle je suis resté pendant plusieurs années.

J'avais perdu ma mère et je me disais qu'on était fou de s'éloigner de ceux qu'on aime en prenant pour prétexte les nécessités de la vie qui, en réalité ne sont pas si impérieuses que l'imagine l'égoïsme. Qui sait si au retour on les retrouvera vivants ? Quand on les aura perdus, combien ne regrettera-t-on pas de n'être point resté près d'eux autant qu'on l'aurait pu ?

De là est né Romain Kalbris mais sa mise en oeuvre n'a rien enlevé à l'amertume des regrets qui l'ont inspiré." (Le Roman de mes Romans).

Le cadre géographique : La Normandie, Paris.

 

GENÈSE DU ROMAN

LECTURE


9.  10. SOUVENIRS D'UN BLESSÉ

- Un blessé, Le Temps, du 16/11 au 24/12/1871.

- Souvenirs d’un blessé : Suzanne. Miss Clifton. 2 vol. Chez M. Lévy frères, 1872.

 

La fable : Un jeune noble d'Arondelle mène une vie facile. Il tombe amoureux de Suzanne, une coquette, pour laquelle il s'engage dans l'armée. Il vit alors la guerre de 1870 et la défaite de Sedan. Peu à peu s'éveille en lui un sentiment patriotique. D'abord partisan du Second Empire, il prend conscience des malheurs de la France. Il fait la connaissance d'une jeune Anglaise, Miss Clifton, engagée dans la Croix Rouge. Il l'épousera après avoir percé la véritable personnalité de Suzanne : celle-ci, en son absence, a épousé un noble fortuné.

L'argument : Description de l'état de la France en 1870 ; condamnation du Second Empire.

Cadre géographique : La Normandie ;  environs de Paris.

 

GENÈSE DU ROMAN

LECTURE "SUZANNE"

LECTURE "MISS CLIFTON"

 

 



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Remerciements :

Yves PINCET pour la première bibliographie d'Hector MALOT.

Francis MARCOIN pour la rédaction des mises à jour - dernière en date : Avril 2016.

Anne-Marie COJEZ et Nicole TRICOT pour leur lecture, leur analyse et le résumé qu'elles ont rédigé de chacun des ouvrages d'Hector MALOT.


ROMANS DE MALOT sur BNF GALLICA


2. LES AMOURS DE JACQUES

- Jacques Chevalier, L’Opinion Nationale, 1860.

- Idem. A l’Imprimerie de Dubuisson (Paris), 1860.

- Les Amours de Jacques. Chez Michel Lévy frères, 1861.

La fable : Dans la première partie, souvenirs autobiographiques de MALOT : lycée Corneille à Rouen. 

La seconde partie est basée sur les aventures de son ami d'enfance, Jules Levallois, connu sur les bancs du lycée.

Cadre géographique : Rouen, Caen, Paris.

 

GENÈSE DU ROMAN

 

 

 

LECTURE "JACQUES CHEVALLIER"

LECTURE "LES AMOURS DE JACQUES"


4. LES ENFANTS

[3e volume des Victimes d’amour]

- Les Enfants, Le Constitutionnel, 1866.

- Idem. Chez Michel Lévy frères, 1866.

 

La fable : Le couple Martel/Armande est installé à la campagne, où le peintre qui a maintenant atteint la plénitude de son art, est à la tête d'une exploitation agricole modèle. Un petit garçon est né Julien. Cependant le malheur s'introduit dans la famille, d'abord sous les traits de Mme Pigache, une cousine pauvre et envieuse, qui révèle bientôt à la petite Victorine la véritable identité de son père, puis sous les traits du père lui-même, Maurice Bertauld qui se dévoile en cachette à l'enfant. Intéressé par l'héritage que lui a légué le grand-père Michon, il fait bientôt valoir ses droits sur la fillette, et par jalousie, sur le petit Julien dont il est, devant la loi, le père : aucun divorce entre lui et Armande n'a été prononcé ; Armande et Martel se sont mariés en Italie. Bertauld l'emporte dans le procès. Martel le provoque en duel et y laisse la vie. Julien est emmené par Maurice Bertauld qui l'exploite en le faisant travailler au théâtre. L'enfant ne retrouvera sa mère qu'à la mort de ce dernier, consécutive à une crise de delirium tremens.

 

LECTURE

 


6. UN BEAU-FRÈRE

- Un beau-frère, Le Journal des Débats, 1868.

- Idem. Chez PJ Hetzel, 1869.

La fable : Un jeune noble est dépossédé et mis dans un asile d'aliénés par son beau-frère pour éviter que son fils naturel n'hérite de ses biens. Grâce aux soins d'un ami dévoué, il sort de l'asile mais devient fou et se suicide, en tentant d'entraîner son enfant dans la mort. L'enfant est sauvé mais la mère ne peut toucher l'héritage et vit dans la pauvreté.

L'argument : Mise en cause de la loi de 1838 sur l'internement (de même dans Mère et Le Mari de Charlotte). Description du monde des courses, la petite noblesse de province.

Le cadre géographique : La Normandie.

 

GENÈSE DU ROMAN

LECTURE

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Réédité en 2011

Dans son roman "Un Beau-frère“ , Hector MALOT met en scène la loi de 1838 et nous livre une étude médico-littéraire.

Voir également

  • "MALOT et la loi" sorti en 2014, Université d’Artois, Arras ;
  • l’article d’Agnès THOMAS-MALLEVILLE - “MALOT la Probité, une figure à part dans le milieu littéraire du XIXe siècle”, Cahiers Robinson, 10, 2001, 9-18.
  • Aude FAUVEL - “Le crime de Clermont et la remise en cause des asiles en 1880”, Revue d’histoire moderne et contemporaine, 49, 2002(1)

7. MADAME OBERNIN

- Madame Obernin, La Presse libre, 1869.

- Idem. Chez Michel Lévy frères, 1870.

La fable : Un jeune homme, d'Autrey, raconte à un destinataire fictif comment, encore jeune, et ne connaissant rien à l'amour, il avait fait choix de séduire une femme mariée, Mme Obernin. Il parvint à vaincre la résistance de la jeune femme. La catastrophe s'ensuivit : amour douloureux, rendez-vous à la sauvette, chagrin et mort du mari, d'un enfant en bas-âge : dix ans de vie malheureuse. La veuve, Mme Obernin se remaria, refusant d'épouser d'Autrey. Celui-ci épousa finalement une jeune créole à Cuba. Cornaton, le second mari de Mme Obernin, mourut, révélant à d'Autrey que son ancienne maîtresse avait pris goût à l'adultère.

L'argument : Dénonciation de l'adultère : il avilit l'homme et la femme, détruit la famille. Dénonciation de la corruption politique sous le Second Empire.

Le cadre géographique :

L'Alsace et les Vosges ; les Antilles.

 

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8. UNE BONNE AFFAIRE

- Une bonne affaire, Le Journal des Débats, 1869.

- Idem. Chez Michel Lévy frères, 1870.

La fable : Un homme est en proie, dans une auberge, à une attaque d'apoplexie. On fait venir son fils, qu'il n'a pas vu depuis l'enfance. Cet homme est Cerrulas, un savant qui a ruiné sa femme pour mener ses expériences. Celle-ci l'a quitté, emmenant son fils dont elle a fait un enseignant afin qu'il ne ressemble pas à son père. Père et fils décident de s'associer pour commercialiser un produit nouveau qui permettra de raffiner le sucre à moindres frais. Tous deux montent à Paris où Cerrulas vit en compagnie de sa fille Abeille, née d'un concubinage. Le fils est rapidement mis en faillite par la lutte sans merci que lui livrent ses concurrents. Il épouse finalement Laure, fille d'un banquier ruiné après s'être associé à l'affaire. Le père meurt sans avoir terminé les travaux qu'il poursuivait sur la chaleur solaire. Finalement un vieil ami du père, professeur à Boston, propose au fils, Pascal, un poste de professeur. Il emmène avec lui Abeille, qui devient une célèbre pianiste, et Laure, qui met au monde un gros bébé.

L'argument : Dénonciation des milieux d'affaires peu scrupuleux, des failles de la loi en matière de brevets d'invention. 

Le cadre géographique : Condé-le-Châtel, Paris.

 

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11. UN CURÉ DE PROVINCE

- Un curé de province, L’Indépendance belge, 1871.

- Idem. Chez Michel Lévy frères, 1872.

La fable : Un curé de province, l'abbé Guillemittes décide de construire coûte que coûte une église neuve dans le village d'Hannebaut. Il y parvient presque. En filigrane se dessine un amour entre la jeune héritière du lieu, Mademoiselle Pinto-Soulas et le neveu du curé : Hubert.

L'argument : Peinture vivante des curés de province ; dénonciation de l'arrivisme de certains prêtres.

Le cadre géographique : La Normandie, (en réalité Bonsecours).

 

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12. UN MIRACLE

- Un miracle. Dans L’Indépendance belge, 4 décembre 1871.

- Idem. Chez Michel Lévy frères, 1872.

La fable : Pour terminer les travaux de son église, l'abbé Guillemittes voudrait solliciter la jeune héritière Melle Pinto-Soulas mais celle-ci a disparu à Paris. L'abbé charge son neveu de retrouver sa trace : elle est tombée sous le joug d'un mage qui l'a convertie au spiritisme pour profiter de son argent. L'abbé la ramène à Hannebault. Il fait croire au miracle de sa guérison grâce aux reliques dont,pour se faire élire, le baron Friardel a fait don à l'église achevée. Mais le véritable miracle, c'est l'amour : Melle Pinto-Soulas épouse le neveu de l'abbé et lui donne deux beaux enfants.

L'argument : Dénonciation du spiritisme et des pratiques superstitieuses chez certains membres du clergé ; dénonciation du trafic des fausses reliques et de l'utilisation de la foi à des fins politiques.

Le cadre géographique : La Normandie, (Bonsecours) et Paris.

 

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